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Le Comité chilien pour les droits humains

Le Comité chilien pour les droits humains

Le Comité chilien pour les droits humains est né à Montréal le 26 juin 1999, alors que le dictateur Pinochet était détenu à Londres. Le Comité est formé de familles de détenu-e-s disparu-e-s et d’exécuté-e-s politiques, ainsi que de militant-e-s pour les droits humains. Le premier objectif était de se joindre aux manifestations et aux moyens de pression réalisés tant au Chili qu’ailleurs afin que le dictateur détenu à Londres à ce moment-là soit extradé en Espagne. Dix-sept ans plus tard, le Comité est établi dans la communauté chilienne et latino-américaine de Montréal comme organisme solidaire et engagé auprès de tout ce qui touche les droits humains.

Le 26 juin, la date de fondation de notre Comité est également la date de naissance du président Salvador Allende. Elle correspond également à la Journée internationale des Nations Unies pour le soutien aux victimes de la torture et elle arrive peu de temps avant la célébration du « We Tripantu », le Nouvel An du peuple mapuche. Notre comité fête donc sa fondation parmi de grands évènements qui font partie de l’histoire de nos peuples.

Il est inscrit dans la déclaration de principes du Comité que celui-ci a pour objectifs principaux de défendre et de promouvoir les droits humains tels que reconnus dans la Déclaration universelle des droits humains des Nations Unies. Nous sommes également déterminé-e-s à travailler pour la vérité et la justice dans les cas de violation des droits humains et contre l’impunité des crimes.

Le Comité se déclare indépendant de tout parti politique, ce qui n’empêche d’aucune manière ses membres d’adhérer à un parti ou de prendre part à ses activités. Il se déclare également autonome des organismes gouvernementaux et de toute croyance religieuse.

Peu de temps après sa fondation, le Comité a unanimement adopté la résolution de soutenir l’Association des familles de détenus-disparus (AFDD, Chili). C’est dans ce but que nous organisons chaque année, le premier samedi du mois d’octobre, le « Dieciocho Chico », une fête traditionnelle chilienne. Cette activité politique et culturelle nous permet de collecter des fonds qui sont ensuite envoyés au Chili à l’AFDD.

En tant que comité, notre première action concrète s’est déroulée le 11 septembre 1999. Nous avons planté 600 croix blanches sur le versant est du mont Royal, du côté de la rue du Parc, à la mémoire des détenu-e-s disparu-e-s. Nous souhaitions démontrer à la population de Montréal que nos proches détenu-e-s, disparu-e-s et exécuté-e-s réclamaient justice par le biais d’un NON catégorique à l’impunité.

L’année suivante, nous avons rencontré monsieur Irwin Cotler, alors doyen de la Faculté de droit de l’Université McGill, qui connaissait la situation à Londres avec le dictateur Pinochet. Il nous a invités au Parlement canadien à Ottawa afin de donner une conférence de presse et de présenter au gouvernement canadien une pétition soutenant le processus d’extradition de Pinochet.

Le Comité est membre de la Ligue des droits et libertés, section du Québec, et représente l’Association des familles de détenus-disparus (AFDD, Chili) au Canada. Nous recevons l’appui solidaire d’un grand nombre d’organismes sociaux et politiques qui nous aident lors des activités que nous réalisons. D’autre part, le Comité propose sa participation et présence à toutes les activités solidaires, sociales et politiques en lien avec les droits et les libertés fondamentales.

Chaque 11 septembre depuis dix-sept ans, le Comité organise ou participe à l’hommage solennel rendu au président Salvador Allende et à toutes les victimes de la dictature qui a lieu au Parc Jeanne-Mance, au pied de l’arbre de la mémoire.

 

Traduction par Sarah Múnera

Photo : Cimetière symbolique à la mémoire des détenu-e-s disparu-e-s dans le cadre de la commémoration des 26 ans du coup d’État au Chili, Montréal,11 septembre 1999. / Photographie du Comité chilien pour les droits humains

Armando Navarrete

Armando Navarrete, chilien d’origine, est coordonnateur du Comité chilien pour les droits humains et membre du Comité d’appui au peuple mapuche. Il travaille présentement à l’Université McGill et il est travailleur autonome dans le domaine de l’informatique et de la photographie.


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