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Pour six, elles sont des milliers : La lutte d’une communauté Mapuche d’après la force de ses femmes

Aux petites heures du matin, un jour du mois de mars dernier, la lamgen Chela (« sœur » en langue Mapuche)[1] me fait ses adieux et me remet quelques pots de confiture pour ma mère, ainsi qu’un message : « Transmets le bonjour à ta maman, même si je ne la connais pas ». Je venais de lui parler des bienfaits de la confiture de coings pour le rhumatisme dont souffre ma mère. Chela l’avait préparée à la maison très tôt le matin, pendant qu’on attendait le logko Albino (autorité Mapuche)[2] qui venait me chercher pour aller à Campo Maripe, une communauté établie sur le plus grand gisement d’hydrocarbures non conventionnels hors Amérique du Nord : Vaca Muerta, dans la province du Neuquén, en Argentine[3]. Il s’agit donc de la région la plus affectée par la fracturation hydraulique. D’autres communautés Mapuche subissent également la contamination de l’industrie pétrolière conventionnelle depuis des décennies.

Plusieurs mois plus tard, le 28 juillet, apparaît sur les réseaux sociaux l’image de Chela enchaînée à une tour de forage. La première chose dont je me souviens quand je vois son visage sur la photo est le geste qu’elle a eu ce matin-là, son cadeau et le message pour une femme qu’elle ne connaissait pas : « Transmets le bonjour à ta maman, même si je ne la connais pas ». Chela est enchaînée à une tour de forage de fracking avec deux autres femmes de la communauté. Trois femmes Mapuche sont enchaînées à des machines provenant des États-Unis, sur un territoire autochtone violé par l’État argentin. Une triade internationale devenue possible par le bras du capitalisme qui avance avec une force renouvelée, validé par tous les niveaux de gouvernement.

La lettre morte : la Convention 169 de l’OIT ratifiée par le pays en 2000 ; une loi nationale pour le recensement des territoires autochtones, enfin appliquée dans ce cas, avec du retard, et qui continue d’ignorer les recherches qui démontrent l’occupation ancestrale de la terre par cette communauté[4]. Et un triomphe en 2014 : après 10 ans, le gouvernement provincial reconnaît légalement la communauté Mapuche de Campo Maripe, malgré le fait que, tel que mentionné, il ne respecte aucun recensement postérieur. La communauté n’a jamais été consultée sur ce qui se passe sur son territoire; l’activité est donc illégale, mais possible.

Chela est l’une des six soeurs fondatrices de Campo Maripe, avec Josefa, Susana, Martha, Celmira et Mabel, l’inanlogko[5]. Le seul homme de la famille, c’est Albino, le lonko de la communauté, elle-même née de ces sept frères et sœurs et qui est formée d’environ 35 familles. Le peuple Mapuche, l’un des 38 peuples autochtones du territoire argentin, habite la région connue sous le nom de Patagonie, plus particulièrement dans les provinces du Neuquén, Chubut et Río Negro, mais aussi, à un moindre degré, dans la province de Buenos Aires[6]. Cependant, puisqu’ils précèdent la formation de l’État, on retrouve des groupes Mapuche sur les deux versants de la cordillère. Tant l’un comme l’autre ont été victimes de génocide, soit en 1879, de la part de l’État argentin naissant (le massacre connu sous le nom de « Campagne du désert ») soit de la part de l’État chilien (campagne qui a reçu comme nom l’euphémisme « Pacification de l’Araucanie »).

Il est donc fondamental de tenir compte de la mémoire récente de la résistance de ce peuple, mémoire qui s’actualise quotidiennement en plein XXIe siècle, face aux « réajustements du néolibéralisme », qui placent les gouvernements de droite sur le même plan que les « progressistes »[7]. C’est dans ces « réajustements », que les méthodes d’accumulation par dépossession se manifestent avec une violence renouvelée dans des territoires non pénétrés auparavant. Tel que le journaliste argentin Darío Aranda le signale, dans beaucoup de cas, il s’agit de territoires autochtones[8].

Depuis l’annonce en 2010 de l’Agence d’information énergétique des États-Unis d’après laquelle la formation Vaca Muerta serait le réservoir d’hydrocarbures non conventionnels le plus productif de l’Amérique latine – jusqu’à l’installation des premières tours de forage de fracking à Campo Maripe en 2013, les événements se sont enchaînés rapidement afin de permettre la dépossession et d’attirer les capitaux étrangers, à travers des lois et des décrets complaisants, qui ont fait voler en éclats le récit hégémonique de la souveraineté énergétique.

Chemins débroussaillés

Deux ans avant ma visite, l’image était la même. Au mois de juillet 2013, les médias couvrant les événements ayant lieu au sud de notre pays montraient ces lamgen dans la même situation : enchaînées à une tour de forage de Chevron, pour contester l’entente entre le gouvernement provincial et la société pétrolière nationale YPF de signer un accord avec la compagnie états-unienne. La nouvelle avait parcouru le pays, surtout d’une voix encourageante, faisant l’éloge de la découverte de ressources qui apporterait le progrès et l’autosuffisance. Certain.e.s d’entre nous voyaient autre chose : la violation et la lutte. Et une majorité de femmes, provenant de cette communauté ainsi que d’autres communautés Mapuche, aux premières lignes de la résistance, avec le logko et les organisations alliées, telles que la Multi-sectorielle contre la fracturation hydraulique (Multisectorial contra la Hidrofractura). Comment un accord avec une multinationale détenant une si mauvaise feuille de route sur notre continent avait-il été possible ? Le chemin était débroussaillé : un juge avait saisi les actifs de la société dans notre pays, mais le pouvoir exécutif national avait demandé la levée de la saisie afin de pouvoir célébrer l’accord. Pour sa part, le pouvoir législatif provincial avait approuvé un pacte secret au mois d’août de la même année pendant qu’à l’extérieur de la législature du Neuquén, la police réprimait pendant 8 heures les frères et les sœurs qui avaient mis leur propre corps en jeu pour contester le pacte. Nous nous demandons si les pièces de la machinerie industrielle sont aussi bien huilées que les pouvoirs de l’État.

Mais comment ces femmes sont-elles allées jusqu’à mettre, elles aussi, leurs corps en jeu, s’enchaîner aux tours de forage ou aux barrières, pour protéger leur territoire? Cela ne devrait-il pas attirer notre attention? María Piciñam, werken (porte-parole) du Lof Newen Mapu et coordonnatrice du Centre d’éducation mapuche Norgvbamtuleayiñ, explique :

Quand nous étions un peuple libre, la femme Mapuche exerçait un rôle protagoniste d’une grande importance, car elle était la détentrice des savoirs mapuche; le rôle de l’éducation était entre les mains de la femme. Aujourd’hui, on commence à redonner de la visibilité au rôle de la femme, après l’invasion et l’imposition d’une autre culture, d’une autre éducation, après la soumission brutale, liée au machisme, dont nous avons souffert comme société en général, une souffrance à laquelle le peuple Mapuche n’a pas échappé. Le rôle d’éducatrice est en train d’être récupéré. On commence à comprendre que nous ne sommes pas seulement des mères, mais les premières et les dernières à transmettre la connaissance.

Elle ajoute : « nous, les femmes, avons toujours fait de la politique Mapuche, en temps de liberté, en temps de répression, et maintenant la seule chose qui change, c’est le contexte. Aujourd’hui, c’est plus visible, il y a beaucoup de femmes werken, kona, et il y a beaucoup de femmes logko ».

Femme, nature et extractivisme

Pour le peuple Mapuche, comme pour d’autres peuples autochtones, l’homme et la femme sont, ensembles avec la nature, une autre force de la biodiversité, ni supérieure ni inférieure. Ainsi, d’après leur cosmovision, en contraste avec le mercantilisme du système capitaliste, il n’y a pas de division entre nature et société. Il n’existe pas en langue mapuzugun (qui littéralement signifie « langue de la terre ») la notion de ressource. « Il n’existe pas dans notre langue le mot ressource. Et cela parce que quand nous étions libres et que nous vivions avec la nature et de la nature, nous menions une vie rationnelle : personne ne devait faire des provisions d’aliments, personne ne récoltait ni ne déracinait plus de ce qu’on avait besoin », raconte María.

Les communautés, qui ont été renvoyées de leurs terres fertiles au cours de décennies de dépossession, se trouvent dans l’impossibilité d’exercer leur plan de vie; elles ne peuvent pas être si elles ne sont pas sur leur territoire et elles n’ont pas l’autonomie pour décider de l’exercice de leurs droits[9]. En ce sens, le respect des droits de la femme autochtone n’est pas possible sans le respect des droits collectifs de la communauté.

De la même manière que la notion de supériorité entre société (être humain) et nature n’existe pas, il n’y en a pas non plus entre homme et femme. « Il est impossible de considérer l’autonomie de la femme sans l’autonomie de l’homme. Nous défendons un droit complémentaire. Ce qui fait de nous de véritables personnes, mais tout particulièrement de véritables sujets de droit, c’est justement cette dualité de genre et de génération présente au sein de notre philosophie », dit María. Elle remarque :

Oui, on réaffirme fièrement que la femme joue un rôle spécifique, chacun de nous veut être un kymeche, une personne juste, dans sa vie. La femme en joue un rôle fondamental, elle porte la vie dans son ventre. Et ceci ne veut pas dire qu’il n’existait pas de pratiques oppressives de l’homme envers la femme dans le peuple Mapuche, mais que dans sa philosophie, il y avait des normes communautaires pour rétablir l’équilibre que cet individu avait rompu, en lui imposant une sanction. Des normes qui, aujourd’hui, commencent à refaire surface.

Nous pourrions affirmer que la femme autochtone est une triple victime, par le fait d’être femme, travailleuse et autochtone, victime de la pollution comme du mode de vie imposés par les projets extractivistes sur ses terres. Il est important de témoigner des souffrances subies sur les territoires exploités. Dans le cas particulier de Campo Maripe, María raconte : « Aujourd’hui, nous, les femmes, sommes beaucoup plus vulnérables aux maladies dues à la contamination. Au Lof Maripe, par exemple, 90% des femmes sont malades, la plupart du cancer. Il y a des problèmes d’os, entre autres, et ce sont plutôt les femmes qui tombent malade ». L’eau et l’air sont pollués, nous souffrons du stress causé par les conflits constants, de l’épuisement dû aux actions directes auxquelles nous poussent les pouvoirs de l’État et des corporations et de l’impossibilité d’avoir un plan de vie mapuche en plénitude. Un ensemble de situations dévastatrices.

Une des lamgen, Celmira, est décédée il y a deux mois, atteinte d’un cancer du sein fulminant. Quelle qualité de vie peut-on avoir sous la menace constante de violations et cohabitant de si près avec la pollution[10]? Cependant, en complémentarité aux hommes, ce sont elles que l’on voit enchaînées aux tours de forage lors des différentes actions contestataires : on les voit avec Albino aux tables de négociations, enchaînées aux barrières, bloquant les routes, dans la ruka (maison) utilisée comme poste de surveillance permanent pour contrôler l’entrée de véhicules de l’entreprise, et cela parce qu’un patron d’entreprise de la zone leur avait empêché le passage sur leur propre territoire. On les voit dans toutes les manifestations, ensemble avec tant d’autres femmes autochtones et non autochtones. On les voit essayer de dialoguer avec les différents acteurs impliqués dans le conflit ainsi qu’avec les travailleurs d’une société de surveillance privée qui, établie au sein de la communauté, leur avait interdit de circuler librement, assurant que la liberté soit un autre patrimoine de l’entreprise.

Les écoféminismes dans leurs différentes formes (classique, spiritualiste, latino-américaine, constructiviste, etc.) tentent de rendre compte de la relation des femmes avec la nature et leur rôle dans la lutte contre les extractivismes[11]. Quelle que soit la théorie la plus convaincante, il est indéniable qu’historiquement la rationalité mécaniste associée au concept masculin a bénéficié d’une valorisation positive et plus élevée que les valeurs opposées, non rationalistes, plus connectées avec les émotions, avec la terre, avec le soin de la vie.

Dans ce dernier sens, femme autochtone et terre représentent un binôme qui regroupe une force beaucoup plus grande à celle qui, normalement, unirait une femme d’une culture occidentale dominante avec la nature. Pour cette raison, tel qu’on l’a mentionné ci-haut, il faut affirmer que les femmes autochtones souffrent d’une triple discrimination. L’histoire n’a pas voulu leur donner de visibilité. Il existe, aujourd’hui, d’autres instruments, il est plus difficile de les cacher : elles luttent autant qu’hier, s’autonomisent, s’approprient, avec leurs compagnons, des outils nécessaires pour se faire entendre tout en récupérant la langue de la terre.

C’est Celmira qui a partagé avec moi les souvenirs de sa grand-mère et l’idée de récupérer une identité et une langue. On croyait que la ñaña était muette ou qu’elle ne savait pas parler correctement. On l’entendait dans la montagne pendant qu’elle faisait une cérémonie Mapuche, demandant peut-être de la pluie. On se rappelle toujours de ses réprimandes quand on continuait à veiller après le coucher de soleil : il fallait laisser du bois de chauffage pour le lendemain, couvrir les braises de terre pour qu’elles se rallument le jour suivant. Je ne crois pas qu’il soit nécessaire de le répéter, mais je le répèterai quand même : « s’approvisionner pour le lendemain, ce n’est pas accumuler ». Femme et nature dans un processus de veille à un équilibre nécessaire ; femme qui transmet les savoirs :

Pour conserver le kimvn (savoir traditionnel), la femme Mapuche est une protagoniste fondamentale. La récupération et le renforcement de l’éducation autonome mapuche, aux mains surtout des femmes en tant que génératrices de vie, fait d’elles les premières à transmettre le kimvn, créant ainsi les conditions pour que son peuple exerce kisugvnewvn (son autonomie)[12].

Les femmes autochtones sont, certainement, comme toute femme peut le devenir, des actrices fondamentales des résistances contre l’avancée des pratiques extractives, chaque fois plus sauvages. Comme ces six femmes, elles sont des milliers d’autres en Amérique latine qui unissent leur corps à ceux et celles qui osent penser à d’autres modes de vie, au-delà de l’exploitation capitaliste des personnes et de la nature. Elles et ils constituent un lien fort capable de nous rejoindre tous et toutes dans le temps, depuis la mémoire des peuples, afin de penser à un avenir. Ainsi l’enseigne la grand-mère Maripe sans même nous connaître ni appartenir à cette culture, comme les salutations de Chela lors des adieux.

 

Remerciements :
Je veux remercier María Piciñam du Lof NewenMapu pour l’entrevue qu’elle m’a accordé; la Confédération Mapuche du Neuquén, le Lof NewenMapu et le Lof Campo Maripe, l’hospitalité avec laquelle on m’a accueillie; les membres de l‘Observatorio Petrolero Sur (spécialement Martín Guillermo Álvarez et Hernán Scandizzo) pour son travail; Mapuexpress, Lorena Riffo, LefxaruNawel et Darío Aranda, et à Susana Fortuna Cohen pour la traduction au français. Il y aura peut-être quelqu’un qui s’objectera à ce récit ou qui estimera que ces lignes manquent du caractère impersonnel et de l’objectivité nécessaires pour qu’un article soit digne d’être publié. Je suis convaincue que la mise en question des manières de raconter fait partie de la reprise de notre dire en tant que femmes. Dire ou écrire depuis le cœur ne soustrait de valeur ni à nos voix ni à nos plumes.

 

Photo : Famille Campo Maripe avec d’autres membres de la communauté, Checho Maripe, 2014.

Traduction par Susana Fortuna Cohen

 


Notes

[1] Manière d’identification affectueuse utilisée par les femmes pour nommer les femmes et les hommes Mapuche, et utilisée par les hommes seulement pour désigner les femmes.
[2] La plus haute autorité du Lof élue par consensus, qui donne l’orientation et guide la vie communautaire mapuche.
[3] Consulter l’article qui suit sur Campo Maripe : Gutiérrez, F. et Millaman, S. « Campo Maripe, el resurgir mapuche en medio del avance petrolero », Mapuexpress, en ligne : http://www.mapuexpress.org/?p=3936 (page consultée en août 2015). Pour plus de renseignements sur fracking à Vaca Muerta, voir : ObservatorioPetrolero Sur y otros, « Fracturandolímites », mai 2014, en ligne : http://www.opsur.org.ar/blog/2014/11/03/fracturando-los-limites-3/ [trad. anglaise] : https://www.foeeurope.org/sites/default/files/publications/shalegas_heading_south_june2014.pdf).
[4] 8300 Web, « El informe antropológico confirma la presencia histórica de la comunidad Campo Maripe », 4 août 2015, en ligne : http://www.8300.com.ar/2015/08/04/el-informe-antropologico-confirma-la-presencia-historica-de-la-comunidad-campo-maripe/ (page consultée en août 2015).
[5] Inanlogko : Personnes qu’accompagnent le logko et prennent des décisions en cas d’absence. Ils sont en charge des démarches et des relations entre lof et avec l’État. Ils sont élus par xawvn (assemblée) avec un mandat de deux ans.
[6] Carte des peuples autochtones en Argentine : http://cronicasinmal.blogspot.com.ar/2013/09/mapa-de-pueblos-originarios-de-la.html
[7] Terán Mantovani, E. (2015). « América Latina : Tensión neoliberal y territorialización del poder » à Alai.net, en ligne : http://www.alainet.org/es/articulo/172285 (page consultée en septembre 2015).
[8] Aranda, D. (2015). Tierra Arrasada. Buenos Aires : Sudamericana ; Amnistie internationale, Carte des luttes autochtones en Argentine : http://territorioindigena.com.ar/ (page consultée en septembre 2015).
[9] « Le territoire c’est l’espace social, culturel et écologique’ et il ne dépend pas de lignes dessinées sur une carte. De cette manière, il comprend toutes les choses propres à la terre, même les eaux, le sous-sol, l’espace aérien, ses occupants et les plantes, la vie animale et toutes les ressources qui y existent. En conséquence, il ne se limite pas aux terres occupées en permanence, mais inclut toutes les terres auxquelles on a accès pour les activités qui l›utilisent d’une autre manière. En tant qu’habitat », il comprend les aspects sociaux et culturels, ce qui met en relief la dimension publique (dans le sens politique) de la propriété autochtone ». (Confédération Mapuche du Neuquén (2010), proposition pour un KvmeFelenMapuce, p. 26), en ligne : http://odhpi.org/wp-content/uploads/2011/09/kvme-felen-Plan-de-vida.pdf.
[10] Il est impossible de parler des femmes Mapuche et de leur lutte sans mentionner Cristina Linkopán : Aranda, D. et Wenxu, U. (2014). « El precio del petróleo », 14 mars 2014, en ligne : http://odhpi.org/2014/03/el-precio-del-petroleo/ (page consultée en mars 2014).
[11] Delbene-Lezama, L. (2015). « Género, ecología y sustentabilidad ». Documentos de trabajo CLAES, juillet 2015, en ligne : http://www.alainet.org/es/articulo/171663 (page consultée en août 2015).
[12] Confédération Mapuche du Neuquén, Op. Cit., p. 88.

Nancy Piñeiro Moreno

Nancy Piñeiro Moreno es traductora técnico-científica especializada en Humanidades, intérprete de conferencias y  maestranda en Estudios Latinoamericanos por la Universidad de San Martín (UNSAM). Realiza su tesis sobre la lucha de la comunidad mapuche Campo Maripe.